Au départ, ce sont les retards à la traite qui nous ont mis la puce à l’oreille », affirme Aymeric Dubost, éleveur à Biniville (Manche). En effet, 10 à 15 % des vaches arrivaient régulièrement en retard au robot. En cherchant à comprendre l’origine du problème, l’éleveur s’est aperçu qu’une grande partie de ces animaux souffraient de dermatite digitale. Face à ces difficultés, il s’est tourné vers son fournisseur Agrileader, qui l’a orienté vers Stévenn Clec'h, responsable ruminants chez Synthèse Élevage, afin de construire une stratégie globale de prévention des boiteries. Son objectif : réduire durablement les problèmes de dermatite digitale grâce à une approche globale combinant amélioration des conditions d’élevage, suivi des animaux et mise en place d’un protocole de pédiluve adapté.
Crédit photo : Cécile Julien pour Web-agri
1ère étape : établir un diagnostic
Avant toute mise en place d’un protocole, un état des lieux est réalisé. Le constat est sans appel : près de 20 % des vaches présentent des problèmes de pieds, principalement
liés à la dermatite digitale. Pour Stévenn Clec'h, responsable ruminants chez Synthèse Élevage, la rapidité d’intervention est déterminante : « Pour de meilleures chances de guérison, il faut intervenir rapidement. Toutes boiteries confondues, des soins dans les quinze premiers jours permettent 85 % de guérison totale. Si l’on attend 21 jours, il n’y en a plus que 15 %. » L’accompagnement ne se limite toutefois pas au choix d’un produit. Plusieurs mesures sont mises en oeuvre simultanément : installation de tapis en caoutchouc pour améliorer le confort des animaux, maintien d’une ration stable et de qualité, ainsi qu’un suivi mensuel des onglons par un pédicure. « Les tapis améliorent le confort, mais il faut parer très régulièrement les onglons, car sur les tapis, il n’y a plus d’usure par abrasion. » ajoute Stévenn Clec’h.
Un pédiluve intégré dans une stratégie de prévention
La prévention passe également par la maîtrise de la dermatite digitale grâce à un protocole de pédiluve. Encore faut-il concevoir une installation efficace. Accompagné par Stévenn
Clec'h, l’éleveur choisit d’installer le pédiluve à l’opposé des robots de traite afin d’éviter toute association négative avec la traite. L’installation est également pensée pour faciliter la
circulation des animaux, limiter les projections et garantir la sécurité des intervenants. Le choix du produit constitue ensuite une étape essentielle. La présence d’une unité de méthanisation impose notamment d’utiliser une solution compatible avec le fonctionnement du digesteur.
Crédit photo : Cécile Julien pour Web-agri
Intra Hoof-Fit Pédiluve : compatible avec la méthanisation
Après avoir utilisé du formol, Aymeric Dubost décide de changer d’approche : « Le formol est un produit très volatil, dangereux, y compris pour les intervenants. Après le passage au
pédiluve, j’observais un pic de mammites, peut-être à cause d’irritations causées par des éclaboussures sur le sphincter. » Sur les recommandations de Synthèse Élevage, il adopte
Intra Hoof-Fit Pédiluve. « C’est un produit à base de chélate de zinc, de chélate de cuivre et d’aloe vera. Il est efficace sans être agressif. Il ne perturbe pas le fonctionnement du digesteur », explique Stévenn Clec'h. Chaque semaine, le passage au pédiluve est désormais intégré à la routine de l’exploitation, tandis que les animaux présentant des lésions sont pris en charge chaque mois individuellement par le pédicure.
Une nette diminution des boiteries
Cette stratégie globale porte ses fruits. Les boiteries ont nettement diminué et l’organisation quotidienne s’en trouve simplifiée. « Ce matin, on est allé chercher seulement 4 % des
vaches, et encore, il y avait d’autres raisons au retard que les boiteries. On a également beaucoup moins de réformes subies pour cause de boiteries. » Pour Synthèse Élevage, cette expérience illustre l’importance d’une approche associant diagnostic, conseils techniques, amélioration des pratiques d’élevage et choix d’une solution adaptée. Le pédiluve devient alors un maillon d’une stratégie globale de prévention, au service de la santé des pieds, du bien-être des animaux et des performances de l’exploitation.
Le témoignage complet est disponible sur le site Web-agri : https://www.web-agri.fr/boiteries/article/881691/investir-pour-la-sante-des-pattes-est-une-strategie-gagnante