Lettre Synthèse Elevage n°11 / Septembre 2018

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Sommaire : La dermatite digitée, l'éradiquer à la source. Les vaches mangent davantage et marchent mieux. Un système adapté aux attentes des éleveurs.

EDITO


Faire les bons choix et contrôler les boiteries

Les boiteries représentent l’une des premières causes de perte économique des troupeaux laitiers, avec en particulier le développement de la dermatite digitée ou maladie de Mortellaro. Pour contrôler cette maladie infectieuse, 3 critères nous apparaissent très importants : d’abord il faut un diagnostic précoce, ensuite il faut utiliser un produit efficace et enfin un système d’application pratique. Plus le diagnostic sera précoce et plus le traitement sera efficace, sans oublier les vaches qui ne passent pas en salle de traite à savoir les taries et les génisses. Ces dernières peuvent véhiculer la maladie au sein du troupeau, c’est pourquoi nous vous proposons un focus sur cet aspect dans cette lettre.

Le second point est le choix du produit. Depuis 3 ans nous distribuons avec beaucoup de satisfaction une gamme de produits sans antibiotique, respectueuse de l’animal, de l’opérateur et de l’environnement. La gamme HOOF-FIT, implantée en France par la société Bov’Idée, a fait ses preuves et continue d’évoluer. Vous pourrez découvrir le dernier né avec le HOOF-FIT SPRAY prêt à l’emploi.

Mais la qualité du produit ne suffit pas : il faut également un système d’application pratique et précis. Si l’éleveur se fatigue et arrête d’appliquer le produit ou l’applique mal. Nous avons travaillé cette année sur la mise au point d’une pompe SPRAY FIT pour appliquer le produit en salle de traite et un système SPRAY FIT ROBOT pour pulvériser le produit automatiquement dans le robot de traite à la fin de la traite. Pour vous présenter ces équipements nous vous proposons deux témoignages d’éleveurs.

Nous serons présents au Space et serons heureux de répondre à toutes vos questions sur le sujet.

Bonne lecture


Patrick PUPIN
Dr Vétérinaire Gérant



La dermatité digitée, l'éradiquer à la source

Nous nous sommes plusieurs fois, lors de publications passées (lettres Synthèse Elevage n°6, n°8, n°10), penchés sur le thème de la dermatite digitée chez les bovins. Cette maladie est d’une importance majeure en élevage désormais et, fort heureusement, les connaissances progressent tous les jours, à la fois concernant son épidémiologie et sa maîtrise.

Des protocoles de soins existent face à la dermatite digitée, qui permettent de limiter les conséquences négatives de la maladie sur le cheptel, à défaut de prétendre pouvoir l’éradiquer. Nous nous proposons, dans cet article, d’aborder un point peu mis en avant dans la problématique de la maîtrise de la dermatite digitée en élevage, à savoir le rôle de réservoir potentiel joué par les génisses.

Surveiller les génisses

Une fois la maladie diagnostiquée dans l’élevage, sur le troupeau de vaches, il est primordial d’aller voir si la maladie est également présente sur les génisses. En effet, ces animaux faisant l’objet de beaucoup moins de surveillance, il est facile d’ignorer la présence de dermatites parmi eux. De plus, les jeunes bovins sont plus sensibles que leurs aînés à la maladie du fait de leur statut immunitaire. Il pourra être utile de se faire aider d’un conseiller pour poser ce diagnostic. Savoir si les génisses de l’élevage sont concernées ou pas est important à plusieurs points de vue.

Limiter la propagation

  • Limiter la propagation

Le premier est qu’il est illusoire de prétendre maîtriser la maladie dans l’élevage si des génisses infectées sont périodiquement introduites dans le troupeau de vaches. Chaque nouvelle introduction, au même titre qu’un achat extérieur, fera courir le risque de relancer la circulation des agents pathogènes dans le troupeau et de déstabiliser un équilibre certes précaire. On sait, en effet, que lors de son introduction dans un élevage naïf*, la maladie se propage rapidement, affectant en priorité les jeunes vaches. Jusqu’à 85 % des animaux peuvent être atteints à l’issue de la première année. Puis la prévalence diminue et la situation endémique s’installe (RELUN et al., 2010 b). Une médiane de 5 à 10 % de vaches infectées par élevage a été donnée par HOLZHAUER et al. en 2006. La maîtrise de l’état sanitaire des génisses à l’introduction dans le troupeau est donc fondamentale.

  • Préserver les performances

Le deuxième point est que l’impact de la dermatite digitée sur la carrière à venir de la génisse infectée est majeur. Lors des journées Bov’Idée, qui se sont tenues à Pacé en juin 2017, le professeur Raphaël Guattéo a présenté les résultats de Gomez et al. (2014), qui indiquent que les primipares atteintes de dermatite avant vêlage ont produit moins de lait en première lactation et ont eu de moins bonnes performances de reproduction.

Respecter les règles de biosécurité

La conduite à tenir vis-à-vis des génisses n’est pas différente de celle concernant les vaches. Dans l’hypothèse favorable où la maladie ne s’est pas propagée dans le pré-troupeau, on veillera à une application stricte des règles de biosécurité. Un cloisonnement des différentes phases d’élevage est respecté, avec, si possible, le principe de marche en avant. Il faut éviter au maximum les allées et venues entre les bâtiments et les différents logements. On sera en particulier vigilant à ne pas mélanger les vaches taries avec les génisses. Ce sont les génisses en fin de gestation qui doivent rejoindre le lot de vaches taries et non l’inverse. Même chose concernant les vaches de réforme. Une case dédiée doit leur être réservée et ne doit pas servir, même occasionnellement, de logement pour génisses. Dans les élevages pratiquant la saillie naturelle, une attention particulière sera portée au(x) taureau(x). Il est fréquent de voir un mâle reproducteur faire la navette entre le troupeau de vaches et les lots de génisses.

  • Des facteurs de contamination divers

Même si les animaux infectés sont vraisemblablement la source majeure d’infection, il faudra respecter un certain nombre de règles concernant les autres possibles modes de contamination, c’està- dire les hommes et les matériels. L’hygiène des personnes en contact avec les animaux doit être rigoureuse. Les bottes étant un vecteur important de transmission des agents pathogènes, des points d’eau et des pédiluves doivent être présents à chaque entrée de bâtiment. Le matériel de parage doit être idéalement réservé au troupeau adulte. On sait qu’un matériel mal désinfecté peut être vecteur de la maladie. Si une génisse doit faire l’objet d’un parage, le matériel sera scrupuleusement désinfecté préalablement. Bien évidemment, et comme pour le troupeau adulte, les conditions de logement sont importantes. L’hygiène doit là encore être rigoureuse. On sera en particulier sensible à l’absence d’humidité excessive. Il peut être utile pour juger rapidement de la qualité du logement des génisses de réaliser des notations de l’état de propreté, à l’instar de ce qui se fait sur les vaches. C’est un indicateur fiable et facile à recueillir. Dans le cas où la maladie est déjà présente sur le pré-troupeau, l’ensemble des mesures ci-dessus s’applique. On y rajoutera la nécessité de traiter les animaux atteints avec la contrainte majeure de la contention à mettre en place.

Pour finir, il n’est pas inutile de rappeler que la dermatite digitée est une maladie qui s’achète. L’introduction d’un animal porteur dans un cheptel naïf est une cause majeure de diffusion de la maladie. Il est donc vivement conseillé de pratiquer une quarantaine, lors d’un achat, et de réaliser ou faire réaliser un examen clinique de l’animal acheté,
avant qu’il ne rejoigne le cheptel.

Jean-Christophe LAMER
Dr Vétérinaire

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Les vaches mangent davantage et marchent mieux

Face à une problématique récurrente de dermatites dans son troupeau, le Gaec de la Perrière a testé la solution HOOF-FIT.

Un protocole efficace et simple à mettre en place

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Le Gaec de la Perrière, a connu fin 2015 différents changements qui ont bouleversé la vie du troupeau : nouveau bâtiment, travaux et regroupement de troupeaux. En parallèle, les associés ont constaté une hausse conséquente du nombre de vaches présentant de la dermatite, près de la moitié étant atteintes. Pour y remédier, ils ont testé différentes solutions, comme le formol en pulvérisation, sans succès.
Face à cette problématique persistante et sur conseil d’un autre éleveur utilisateur, Stévenn Clec’h, responsable ruminant chez Synthèse Elevage, est intervenu dans l’élevage. Il a dans un premier temps effectué un état des lieux de la situation. Après avoir observé les pieds du troupeau durant la traite avec lavage des pieds, il a constaté qu’environ une vache sur deux était atteinte de dermatite. En parallèle, il a étudié certains points essentiels avec les éleveurs afin de trouver ensemble la solution la plus adaptée à l’élevage : la configuration du bâtiment, la salle de traite rotative et le nombre de vaches à traiter rendaient l’implantation d’un pédiluve difficile.

Pompe Spray Fit

Pour le Gaec de la Perrière, Stévenn Clec’h a proposé un protocole de pulvérisation de HOOF-FIT Liquide à 50 % en salle de traite, 2 jours chaque semaine, sur pieds lavés et ressuyés. Ce programme est accompagné si nécessaire de pansement HOOF-FIT Tube en cage de parage. Les associés ont alors installé la pompe Spray- Fit, un kit de pulvérisation simple conçu pour pulvériser le HOOF-FIT Liquide sur les sabots. Ce kit comprend un pistolet (plusieurs tailles sont disponibles en fonction de la distance entre l’opérateur et les pieds des animaux) permettant de pulvériser de façon très précise sur les onglons et sans perte de produit. Grâce à sa rallonge de 25 m, la pompe peut être facilement installée dans un local annexe à la salle de traite. "Dès le premier mois d’utilisation, nous avons constaté une réduction des dermatites et une amélioration générale de la santé des pieds des animaux. Après quelques semaines de mise en place du programme et une baisse de la pression en dermatite, nous avons pu alléger le programme et passer à 2 jours de traitement toutes les 2 semaines, sur conseil de Stévenn." explique l’un des membres du Gaec de la Perrière.

Assurer la bonne santé des pieds des vaches laitières et des génisses

La santé des pieds est devenue une préoccupation majeure dans cette exploitation.
"Nous poursuivons à l’heure actuelle cette routine de pulvérisation de HOOF-FIT Liquide toutes les 2 semaines, associée en cas de besoin à des pansements, même si cela est désormais rare. De plus, le pédicure bovin passe 4 fois par an pour du parage fonctionnel", confie l’associé.
Le Gaec passe même à l’étape de la gestion des pieds des génisses (logées dans l’ancien bâtiment des vaches laitières où se trouvait l’ancien troupeau atteint). Il a mis en place un protocole hebdomadaire : 1 fois par semaine, les génisses sont bloquées au Cornadis, leurs pieds sont lavés à l’eau claire puis pulvérisés avec la solution de HOOF-FIT Liquide à l’aide d’un pulvérisateur à dos de type MATABI.
Lorsqu’il fait le bilan de son expérience HOOF-FIT après 1 an et demi d’utilisation, l’éleveur ne tarit pas d’éloges : "Nous sommes vraiment satisfaits des résultats obtenus sur la santé des pieds de notre troupeau, qui a aussi d’autres répercussions : les vaches mangent davantage et marchent mieux. D’un point de vue opérateur également, le HOOF-FIT est très appréciable comparé au formol." C’est en effet l’un des grands avantages de la gamme HOOF-FIT : sans formol, sans acide, sans forte odeur et avec un pH de 6,8, les produits s’utilisent en toute sécurité et sont respectueux aussi bien pour l’utilisateur que pour l’animal. Leur utilisation est d’ailleurs autorisée en Agriculture Biologique.

Prêt à pulvériser, pour encore plus de confort

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Afin d’améliorer et de faciliter la mise en place des protocoles de pulvérisation en salle de traite, Synthèse Elevage propose maintenant une nouvelle formule prête à pulvériser. Le HOOF-FIT SPRAY, dernier né de la gamme est déjà dilué à 50 % et ne nécessite plus de préparation : il suffit d’ouvrir le bidon, plonger la crépine dans le bidon et pulvériser. Au Gaec de la Perrière, l’un des premiers élevages à expérimenter ce nouveau produit, la première impression est très positive. "En plus de faciliter la mise en place du protocole, le résultat à la pulvérisation est très intéressant : le HOOF-FIT SPRAY a un excellent pouvoir d’adhésion sur le pied et ne coule quasiment pas."

Émilie HERVIOU
Responsable Communication



Un système adapté aux attentes des éleveurs

Le Gaec Bourveau Léap cherchait une solution facile à utiliser pour ses 100 vaches laitières pour les préserver de la dermatite.
Avec Le Spray-Fit Robot, c’est désormais chose faites !

gaec bourveau léap Lettre SE bovin 11

Depuis février 2013, le Gaec est équipé de 2 robots de traite LELY A4. Comme de nombreuses exploitations, le troupeau du Gaec est touché par la dermatite digitée. Durant plusieurs années, les associés ont essayé différentes solutions. Le Gaec a tout d’abord testé l’installation d’un pédiluve, avec différents produits qui se sont succédé, sans résultat positif. De plus, le système s’est avéré "très peu pratique, compliqué à intégrer dans le bâtiment et difficile à mettre en place avec 100 vaches laitières", selon l’un des membres du Gaec. Ensuite, le Gaec a testé la pulvérisation individuelle. Après avoir bloqué les vaches au cornadis, les associés procédaient à un lavage des pieds puis à une pulvérisation de produit (différentes solutions testées comme le formol ou le peroxyde). Là encore, pas d’amélioration de l’état des pieds ni baisse du nombre de dermatites dans le troupeau.

Une solution automatisée pendant la traite

Sur demande du vétérinaire, Stévenn Clec’h est intervenu au Gaec et a dans un premier temps proposé un protocole de pulvérisation de HOOF-FIT Liquide au cornadis. Les résultats en termes de gestion des dermatites étaient très positifs. Néanmoins, ce procédé était lourd à mettre en place. Le nombre de places au cornadis étant limité, la mise en place de ce protocole était très fastidieuse en termes de transfert d’animaux. "Ces différents essais nous ont permis de cibler davantage notre besoin : nous recherchions un système automatisé nous permettant de traiter régulièrement la dermatite", explique l’associé. Quelques mois plus tard, Stévenn Clec’h est venu proposer une nouvelle solution permettant d’automatiser la pulvérisation de HOOF-FIT pendant la traite : le Spray-Fit ROBOT. Il s’agit d’un kit complet avec pompes et rampe de lavage et de pulvérisation compatible avec tous les robots de traite, distribué par Synthèse Elevage.

Un protocole simple

kit de lavage Lettre SE bovin 11

Séduits par le système de pulvérisation automatique, les membres du Gaec ont équipé leur élevage, en février 2018, d’une pompe Spray-Fit ROBOT 2 stalles qu’ils ont eux-mêmes installé et relié à leurs robots de traite, distants d’une dizaine de mètres. "Stévenn nous a proposé un programme de pulvérisation simple à mettre en place : durant la 1ère semaine, nous avons pulvérisé HOOF-FIT Pédiluve dilué à 35 %, 3 jours consécutifs. Dès la seconde semaine, nous sommes passés à un lavage des pieds quotidien et à une pulvérisation 2 jours toutes les 2 semaines. Après 6 mois de mise en place, nous sommes très satisfaits de cette installation et de ce protocole. La pression en dermatite a beaucoup diminué, même si nous devons parfois poursuivre la pulvérisation individuelle en cas de dermatite sur les pattes avant. De plus, nous constatons que le HOOF-FIT Pédiluve a un véritable effet régénérant et n’est pas agressif pour les pieds."
Bien conscients qu’une bonne santé des pieds influe sur le confort des animaux, les associés du Gaec font intervenir chaque mois un pédicure bovin. Ce dernier prend en charge les vaches taries, les vaches boiteuses et les animaux nécessitant un parage fonctionnel. Il pratique en revanche beaucoup moins d’interventions sur dermatites depuis la mise en place du lavage et du protocole de pulvérisation de HOOF-FIT en robot.

Émilie HERVIOU
Responsable communication

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